Parity Shift vs Ferraille

Salut, Darius. J’ai une question concernant une situation bien précise qui est survenue la semaine dernière alors que je jouais mon deck politique Nosferatu x contre le deck Followers of Set K.

Il me fera plaisir d’y répondre.

Disons que j’ai 5 pools et que Wallace n’en a plus que 6. Lors de ma Minion phase, Sheldon, mon Vampire joue un Parity Shift qui ne s’avère pas bloqué. Lors de la phase «Choose the terms» de la Political action 2, je déclare que ma proie perdra 3 pools et que je gagnerai ses 3 pools.

Jusque là, ça va.

Or, ma proie a devant lui un Ferraille et elle décide de l’utiliser: lors du «Polling step» de la Political action 2, elle brûle 1 pool pour gagner +3 voix dans ce référendum. Mais, en brûlant son pool, elle réduit son total de pools à 5.

En effet.

Mais alors… qu’advient-il des effets du Parity Shift? Est-ce que ma Political action 2 est annulée? C’est ce que Wallace prétend…

Pour quelle raison le serait-elle?

Eh bien, Parity Shift stipule que la cible doit être un Methuselah qui possède plus de pools que nous. Or, après avoir utilisé le Ferraille et avoir baissé son pool à 5 pools, je crains que ma cible ne soit plus valable…

Si, elle l’est toujours. En fait, comme tu l’as si bien mentionné, l’utilisation du Ferraille se fait lors du «Polling step» de la Political action 2, une fois seulement que les closes du référendum soient annoncés. Lors de l’étape «Choose the terms» du référendum, Wallace avait bel et bien plus de pools que toi. Tu as donc pu le désigner comme ta cible. Même s’il a réduit son total de pools durant le référendum, il n’en reste pas moins que les closes ont été annoncées à une étape où toutes les conditions étaient vraies. Donc, le référendum demeure tout à fait légal.

D’accord! Merci pour l’explication! J’ai hâte d’annoncer à Wild qu’il s’était trompé, finalement! Haha!

Savoir être

Comment savoir être lorsque l’on souhaite initier de nouveaux joueurs à Vtes? Quelles sont les bonnes pratiques et lesquelles sont à éviter? C’est une question intéressante si on a le souci de vouloir bien faire les choses.

J’ai ressorti quelques points que je juge importants pour enseigner correctement, partager notre amour et faire vivre une expérience agréable pour tous.

Jouez à deux

Dans un premier temps, je crois qu’il est de bon conseil de privilégier des parties à deux joueurs.

Ah non, Vtes n’est pas agréable à deux joueurs!

Certes, certains éléments du jeu seront mal exploités, voire même carrément amputés. Néanmoins, cela donnera un meilleur contrôle sur le déroulement de la partie et évitera que certains, moins pédagogues, manquent de patience envers les recrues.

Aussi, les parties à deux sont d’ordinaire plus courtes (30 à 60 minutes environ); cela permet de les enchaîner. De plus, à deux joueurs, chacun joue 1/2 du temps de jeu total, alors qu’à 5 joueurs, chacun ne joue qu’1/5 du temps. En augmentant son temps de jeu, une recrue aura la chance d’être au coeur de toutes les décisions tactiques et son expérience de jeu n’en sera que bonifiée.

Créez des situations

Apprendre les règles d’un jeu intégralement peut généralement se faire lors d’une ou deux parties. C’est une caractéristique qui n’est cependant pas partagée par Vtes: le jeu est beaucoup trop vaste pour en faire le tour en quelques parties, ni même en plusieurs! Trop de clans, trop de disciplines, trop de types d’actions et de situations. Par contre, lorsque l’on enseigne le jeu, nous devrions tenter de faire vivre un grand nombre de situations. Ici, il n’est pas question de situations nécessairement plus complexes (Ex.:Des actions annulées, des combos «Turbo», des combats qui s’éternisent), ni même inusitées (situations d’interaction avec des Vampires Slaves, avec des Vampires Red list ou encore des Imbued), mais bien celles qui seront largement rencontrées:

  • Des bleeds;
  • Des combats;
  • Des actions politiques;
  • L’utilisation du Stealth;
  • L’utilisation de l’Intercept.

Or, c’est en étant confronté à des situations récurrentes que le néophyte en comprendra les mécaniques sous-jacentes: «Stealth» vs «Intercept», ou encore «Blocage = Combat» vs «Pas de blocage = Perte de pool», par exemple.

C’est dans cette optique que le pédagogue devrait, peut-être au sacrifice de sa propre partie, s’assurer que ces situations surviennent le plus souvent et le plus régulièrement possible. Gagner n’est pas ici le réel but lors de ces séances.

Laisser faire des erreurs, savoir se taire

Apprendre un jeu, ce n’est pas qu’écouter ce que l’autre nous conseille, mais c’est surtout vivre des situations de réussites et des situations d’échecs, de faire nos propres choix et de vivre pleinement les conséquences (heureuses ou non) de nos décisions. D’expérience, j’ai appris que rien ne sert de vouloir prévoir tous les maux, ni même d’élaborer à propos des lointaines conséquences possibles d’une certaine décision tactique. Cela n’a pour effet que de complexifier le jeu qui n’a certainement pas besoin de l’être davantage, et plusieurs auront le sentiment que nous jouons finalement à leur place.

Ensuite, «vivre et laisser vivre» est dans ce contexte une bonne stratégie d’enseignement, quitte à ce qu’une erreur ne se faire remarquer qu’après coup. Cependant, les erreurs relatives à l’application d’une règle doivent être notées et corrigées immédiatement. Pour ce qui est des choix stratégiques, il pourra en être question que bien plus tard, après la partie ou une fois que le joueur concerné sera évincé de la table.

Attendez que le néophyte pose lui-même ses questions. Retenez-vous d’aller au-devant. Certains peuvent se sentir brusqués et, comme je l’ai mentionné précédemment, sentir qu’on joue à leur place. L’apprentissage doit faire son chemin, quitte à ce que cela se fasse au prix d’erreurs. Selon moi, le mieux est d’attendre que les questions surgissent d’elles-mêmes.

Le luxe de ne pas jouer

Lorsque l’on se donne la tâche d’enseigner un jeu, nous avons le devoir de nous assurer que tout soit fait dans l’intérêt de l’apprenant et non dans notre intérêt. Si plus de deux joueurs sont présents, sacrifiez-vous pour prendre la place du formateur. Vous aurez le luxe d’être positionné à côté du nouveau joueur et vous aurez la change de lui donner votre aide avec la gestion de sa main sans que trop soit dévoilé aux autres joueurs.

De fait, comme Vtes est un jeu hautement tactique et politique et qu’il n’est pas rare de jouer d’influence entre les joueurs (tenter de convaincre un autre Methuselah fait partie intégrante des stratégies du jeu), il se peut que les conseils et les commentaires soient mal perçus. Malgré toute la bienveillance que vous aurez à l’égard de votre protégé, il est possible qu’il y ait confusion justifiée entre «un vrai conseil légitime et honnête» et «une tactique de joueur pour tromper». Encore une fois, le Methuselah enseignant devrait être retiré du jeu. Ce faisant, il éliminera toute forme d’intérêt et rendra plus crédibles et légitimes toutes formes d’interventions.

En tant que 3e joueur

Même en tant que joueur, il faut savoir faire preuve de retenue. Il faut impérativement rester attentif aux interactions que vous aurez avec le nouveau joueur. Ne tentez pas d’abuser de sa naïveté; évitez de le tromper ou de mal le diriger. Ne faites pas de promesse que vous avez l’intention de ne pas tenir et évitez de mal conseiller (ou tromper!) intentionnellement. Une mauvaise expérience en ce qui a trait aux interactions sociales peut être catastrophique lorsque l’on souhaite augmenter notre bassin de joueurs. L’idée, lors d’une partie d’initiation, est de permettre à tous de vivre une partie agréable, pas de finir la soirée frustrés et en ayant le sentiment que l’on se soit joué de nous.

Finalement, gardez-vous bien de tout-tout-tout expliquer. Simplicité et clarté devraient être priorisées. En espérant que vos séances de jeu avec des nouveaux joueurs soient appréciées par le plus grand nombre et que la communauté de Vtes grandisse toujours un peu plus chaque jour!